Soleil d'encre 2

Le long d'une route

Le long d'une route de montagne,
Un enfant s'est perdu,

Un adulte cherche sa route.

Et si nous partions sur de nouvelles bases ?

Sur quelque chose qui n'a jamais existe et

Qui ne pourra jamais exister ?

ET TOI QUE VOIS TU SUR CE MUR BLANC ?

Le mur blanc est fait de pierres qui parlent entre elles
Qui se racontent des tonnes d'histoires
Ou le ciment est roi
Et le macon est chef
Le seul chef de la vie des pierres.
Que faut il en penser ?
Et voila qu'une pierre avec le temps tombe
Que peux-tu dire ? Que peux-tu penser ?
Sinon la recevoir sur le pied
A ce moment la ou la pierre est tombee
Malgre le ciment et la volonte du macon.

Traversant les marais salants

Les rares masques restants souriants
Les pieds dans la boue collante
Nous avancions d'une demarche assez lente.
Courageux, certes non, mais tranquilles assez
Et encore malgre les gouttes de pluie douces
Molles, insinuantes, nous etions des entiers
Qui refusaient toute idee de moitie.

JE RECHERCHE MON TITRE AVEC OBSCENITE

De l'amour dans un sablier d'eau froide
Je recherche mon titre avec obscenite
L'amour dans un sablier d'eau froide.
La recherche du titre obsede le poete durant tout un ete.
Chacun se dit ce qu'il est.
Avec toutes les declinaisons possibles autour de l'etre hai.
Meme si de plus en plus evidentes nos soirees s'amenuisent,
Les rapaces trembleurs persecutent toujours.
Tuer les rapaces.
Franchir l'harmonie durement reconquise.
Elle glisse la nuit le long de mes armes.
La jolie peniche au bois de rose est passee sans rien voir, sans rien vouloir voir.
La nuit n'a pas de valeur d'echange.
Des accents sentimentaux passent a travers les toiles.
Nos mots ont la scoliose des placards tristes.
Pas de silence pour les amoureux du noir.
Un marchand de vin et d'espace est parti habiter une page vide.
Le ruisseau s'endort.

A TRAVERS LES OCEANS

Soirs d'automne ou la lumiere baisse
J'aime votre lumiere
Et la parcimonie de vos regards.
Je me rappelle
L'an de la solitude
L'an neuf de la vieillesse
J'etais la sur le bord de ce fleuve
Et je voulais parler a quelqu'un de different
Quelqu'un qui ne dirait jamais d'autres mots
Je n'ai encore trouve personne
J'ai cherche pourtant
J'ai cherche dans chaque vague
Dans chaque foret ou les arbres se croisent.

EXTRAPOLATION

Tu crois que c'est facile
D'ecrire comme ca
Pour dire des trucs
Que personne
Ne lira jamais
A travers des chemins remplis d'odeurs.

SOLSTICE

Au coin d'une rue tranquille
Un homme dessine des arabesques sur le sol
Rouges qui sourdent tranquilles de son corps.
Des enfants essaient de nouvelles couleurs
Sur son corps.
De leurs lames et leurs seringues efilees
Ils sculptent comme de jeunes artistes.
L'homme devenu aveugle, sent fremir son corps
Il sent vibrer sa chair et toutes ses fibres.
Les gens passent autour de lui
Sans qu'il les voit
L'homme a peur de mourir
Sans apercevoir la couleur de son propre sang.

AU MILIEU

Les levres tristes
Et le corps fou
Je veux trouver un endroit calme
Ou me cacher
Pour cacher aussi ma tristesse
Pour glisser en paix dans l'inconscience

TRISTE LE POETE, EXCLUSIF !

Triste le poete lorsque le soir
Triste le poete lorsque le matin
Triste le meme lorsque le jour
Triste tout le temps par tous temps
Tristes ses amis de le voir triste
Heureux ses amis de ne pas le voir
A finir un de ces jours ce poeme
Qui ne tient meme pas debout
Un poeme tout mou !

TES YEUX

Avec ces memes gants
Tes mains ont a jamais
Domine une vie
Pour la rejeter a jamais
Dans le vide et l'oubli
Ne me donne pas la main
Tu oublierais a jamais
Expression connue
Que tu as tenu entre tes doigts
Un semblant d'amour !

TEXTE EN PASSANT

Et la vie descend
Tout au fond de l'univers
En changeant de formes
Et de couleurs
Selon la profondeur.
Seulement la nuit,
Le temps laisse partir la vie
Ou bon lui semble.
Les fleurs mortes du passe
Telles des fleurs mortes
Se glissent entre nous en pleurant
Et nul ne les entend.
Nul n'entend le son des petales mortels
qui tombent sur le sol des souvenirs.

Decompte de la remuneration

Montant du salaire fixe :
Peu de choses mais surtout un baiser
Et surtout chaque soir
Sinon...
Je creve et je creve si fort que ta petite soeur M E U R T ;
Si ce n'est ta petite soeur
C'est ta grande, la devant moi
Celle qui a des seins
Que meme si c'etaient des seins
Et meme que si c'etait une fleur entre ses jambes
Toi si tu la touches
Toi qui es son frere
Je fais de ta gueule
Une delicate confiture de fraise
Ou de framboise
Si ce n'est de groseille
Dans tous les cas amene l'oseille
Et plus vite que ca
Je suis patient
Mais pas completement idiot.
Reglisse va !

NOUS SOMMES TOUS DES OISEAUX

Les cheveux blonds
Le souffle court
Et toi et toi
Nous sommes tous des oiseaux organises.

CE QUE TU ES

Tu es un poisson
Devenu oiseau
Par la seule force de ta pensee

Tu es baiser
Tu es fantome d'amour et de beaute.

Mascarade inversee

Mascarade inversee
des poissons-oiseaux

caches dans la falaise de mes sentiments

J'aimais me surprendre
Jouant a travers mes mots
A des passions superbes
A jamais ignorees de leurs objets.

Revenir a la case depart

Revenir a la case depart
sans etre jamais partis
Rever sans jamais s'etre endormis

S'aimer sans jamais s'etre connus.

Se tuer sans meme avoir vecu.

FIN

21 mai 1971

La route qui conduit au lac est dure
Mais quand le lac est la, l'espace s'agrandit,
les mots deviennent plus longs et plus lents
mais le lac se meurt et devient falaise.
devient falaise morte devient plage immense

et tu es couchee sous le soleil.

VERITE

Volant courant marchant

Les trois doigts de la main

Se glissent

Tes paupieres referment

La page des secrets

Tout se dire

Dire ce que l'on a

Dans le coeur

Et sur les tripes

Dur de dire tout

Dans un regard

Qui ne sera jamais vu.

AVEC

Triste oui,

Boite de pastel,

Vin blanc, creme de cassis.

Toi qui es(t) tout cela

Le soir, les rues

Temps qui passe sans regard.

Sans contact.

Sans amour

Et sans connaissance.

LES ENFANTS TRICHENT

Les enfants trichent en jouant a la balle avec leur mort.

De la lumiere au bout des doigts descendre le long du fleuve

Ne plus jamais se dire, ne plus jamais se mentir.

Mensonge convaincu dans l'essentielle suite des sons.

Sortir de soi, visiter les autres.

S'offrir si l'on veut etre bien pris.

Ne pas s'etonner si personne ne se penche ou ne voit le don.

Attendre simplement que le don soit manifeste,

Un et compris par celui qui passe et celle qui sait.

Etre offert, etre don, vaincre sa peur et celle des autres.

Assis sur un banc,

La-bas des enfants trichent en jouant au ballon avec la mort.

De la lumiere au bout des doigts, attendre doucement que le silence devienne opaque, que la necessite du signal traverse le fleuve.

Le silence souterrain des mots est un piege ou les abeilles se perdent.

La notion d'enfer triste est a relier au ballon de ceux qui trichent.

REGARD USE

Un doigt vers le ciel

Une tristesse possible

Un bonheur total.

Tes mots sont incroyables

Encore, donne-moi de faux espoirs.

Nous partirons ensemble

Vers un village etrange

Ou des granges fatiguees

Attendent nos corps abandonnes.

Une fontaine epuisee

De vieux arbres seches.

Un verre de vin oublie.

Nous connaitrons chaque sentier et les chemins caches.

JE SUIS UN NUAGE

Une logique de l'enfance

Qui vient et va entre les choses

Et les mots.

Une logique qui change

Le sens des couleurs et des formes.

Une logique qui transforme

Chaque etre en autre chose

Pour nous,

Qui faisons semblant

Que tout cela a change

Que le monde est reellement

Devenu autre

Alors que nous savons

Au fond de nous meme

Nous savons

Que c'est toujours POUR DE RIRE

Meme si on fait semblant de croire

Que c'est POUR DE VRAI...

UN JOUR COMME CA

Assise

Un jour

Elle a mis

La fraise

Entre ses levres

Pour la mordre

Puis elle a demande

Une autre fraise

Mes levres lui donnais

Puis elle est partie

Il me reste

Une chaise

Bol bleu imparfait...

texte en plus car image en trop

je ne reviens plus ici

j'ai trop vu de mots lointains devenir mortels

Fleches brisees dans la chair empoisonnee

RAPPEL DES GRANDS PRINCIPES DIRECTEURS

1) Ne parler que de ce que l'on connait, par experience propre.

2) Voir les consequences a long terme du contenu

3) Eviter l'ambiguite des fausses conclusions, des situations floues.

4) Que la forme soit claire et au service du contenu

5) Que le contenu soit utile

6) Convaincre ne signifie pas assommer mais expliquer

7) Les principes directeurs ne sont qu'une indication et non un dogme.

Tu passes comme...

Oiseau femme aux ailes tendres

Dont les plumes sont encore duvet

Tu passes dans ma vie

Comme neige au soleil

Coulant de plus en plus vite

Avec force et vitesse

Dans mes veines et mon corps

Et puis le temps se fige

Le courant devient regulier

Et s'immobilise,

Dans un instant glace et moite d'amour

Mademoiselle

Il y a longtemps,

Un soir de septembre

Avec un vieux reste de soleil

Nous nous sommes croises.

Cette soiree

Comme ces soirees aux sourire eteints

Des oiseaux glissant de levres en levres

Passant de coeur en ciel

Nuits eteintes aux lits pales

Que prennent les dernieres forces

Les soleils de demain

La fuite des idees

Dans une aube plissee

Est une realite

Enfermee par une voix

Qui cogne et frappe la memoire.

UNE VIEILLE RENGAINE

La mer comme le sang

S'eleve et s'abat

Sur la plage blanche de mon desir.

Ma main comme le vent

S'eleve et s'abat

Sur le ruban de ma tristesse

Qui tourne et s'enfuit

Dans mon desir.

THEME DRAMATIQUE DE LA MAIN

La main de Dieu

Seule dans un infini adieu

Sans douleur et sans peur.

Dans sa main,

Comme une ardente priere

Supplication du nuage a la mer.

Il tient son fiston

Bien en main

Car le fiston est d'une galaxie etrangere

Et ne connait pas

le soleil de la terre.

SENS REEL

Femme allongee, un livre a son cote,

Revant d'un temps lisse et constant,

Sans failles, avec l'absence d'instants.

Femme inerte, la, aux paupieres mobiles.

Image trouble, fruit de vie.

Mais un chat, sur le tapis noir

Marche vers elle.

UNE IDEE DE FLEURS

Les fleurs absentes de ce vase

Qui n'est pas la le long de ce mur

Qui n'est pas encore a moi

Sont blanches et dures et sentent

Une odeur pure et doucement

Plaisir de sourire.

Je sais que les fleurs ne sont

Que futur, que mes fleurs n'existent pas encore,

Elles sont rondes, longues et surtout

Plus denses et solides et fermes

Que la blancheur de ce papier.

SUR LES TOMBEAUX

SUR LES TOMBEAUX D'UNE GRANDE DOULEUR MUETTE

QUI NE FAIT MEME PLUS RIRE

LES SOLDATS, JE PASSE.

?

Ma main s'enroule autour de ta parole

Et se laisse entrainer par le rythme de tes mots

Et le plaisir se diffuse

Le long de mes nerfs

Et je me roule sur le sol

En gemissant ton nom.

UNE DATE ! UN JOUR

Ma nuit, mon enfer, mon amour, mon reve

Je me demande si j'existe encore

Ou si je suis effluve passagere

Emanant d'une fumee legere

Et tu sais que c'est toi que j'adore

Meme si je fais semblant d'aimer Eve, ta soeur

Tu n'as pas de soeur ?

Mais Eve ce reve

Se fait passer pour elle

Et quand elle se montre nue, c'est en t'aimant

Que je lui fais l'amour lentement.

J'AI LU LE MONDE 25 05 85

Simplicite,

A ta recherche,

Fuyant le bruit des mots qui eclatent...

Mon verre a cote du biberon...

Biberon qui reste a moitie bu

A moitie bon

Mon verre qui se vide de plus en plus vite

Et cette envie forte

D'un peu d'eau et de sommeil

Pour combler le vide de la pensee.

Et ces pages blanches ?

T'en souviens-tu ? Et ces toiles blanches ?

Le sont elles encore ?

Apres ces nuits, ces jours et ces nuits d'amour tiede ?

SAVOIR ETRE

Etre au service de soi-meme

Etre son seul guide

Sa seule conscience.

Connaitre sa force,

Savoir etre.

Refuser de passer derriere le decor.

Sculpter jour apres jour sa vie.

N'ecouter que les bruits provoques par la nuit.

Trembler doucement en esperant trouver un autre chemin,

Vierge de toutes salives et nu a tous les regards

Ou EST LE DEBUT ?

.../...

Et le soleil dans la peau rougir de

Mots passes, givres, geles a jamais,

Penser a des mots qui crient

Leur tendresse le long de

Ruisseaux aux eaux usees.

Jamais les jours ne reviennent lorsqu'ils sont uses.

Ils restent la-bas au loin au pays des jours vecus.

J'ai aime un jour un jour vague

Avec la vague idee de m'en occuper un jour

Et ainsi de suite

Sauf qu'il n'y a pas de suite et que le jour est venu.

Ou est la femme ? Ou est le jour ? Ou suis-je ?

Et puis le disque use et le oreilles attendries,

Les bruits de fond s'estompent

Et la musique revient legerement assourdie.

Je t'aime temps a venir

Je t'ai aime, temps qui passa

Que j'ai deja oublie.

Seul le present est mon passe

Et le temps va et revient

Parmi des millions d'etres.

UNE DATE

Tout doucement,

Le sang qui coule en moi se corrompt

Et devient pourriture.

Des oiseaux devorent ma cervelle

Et mes bras s'atrophient

Et semblent vouloir se separer de mon corps.

Ma vie n'est plus qu'un lambeau

Et des etoiles sanglantes s'ecrasent sur mon visage,

Venues de moi...

NOM DE DIEU

Ma difference, c'est d'etre comme toi

Un enfant du vent qui tasse sa solitude

Au fond d'un verre en carton vide.

Verre vide

Vieux vent vendu

Plein de coca

Coca qui mousse comme aspirine

Et qui bruisse et glisse le long de la gorge

Tombant dans l'estomac d'une hauteur indigne.

Et soudain la tete qui s'eclaircit

Qui devient plus lucide !

Memoire qui se reve,

Qui se reinvente un ancien passe !

LEVRE (variante)

Je connais chaque feuille morte du sentier

Chaque detour du chemin solitaire

Traversant les hommes

Le sentier se perd vers l'infini

Puis se brise devant le mur

Je connais chaque feuille morte du chemin

Chaque detour du sentier

Le mur s'arrete devant un truc enorme

Atteint le ciel

Cache le soleil

Sur le mur une bouche

Deux levres

Attendent un baiser

Baiser de mort

Baiser d'automne.

LE LIEU ? Page 122

Et leurs main moites

Trainant le long des cuisses

Et invitant les plus craintifs derriere ce rideau

Blanc

Peuple d'une lueur transparente

Et quelquefois de petits cris et gemissements

C'est le reve permanent de la femme.

D'UN BAISER BARRE

S'il y a une chose que je savais faire

C'etait ecrire des poemes d'amour

Des hamecons doux et tendres ou

Les coeurs se piquent ou les yeux

Se fixent et les ames se bloquent.

Plus rien a faire

C'est ca mon enfer.

Empecher l'amour d'etre amoureux

Vouloir arreter le desir

Entre deux bouches qui cherchent le meme baiser.

LES PLUS BELLES

Dans la ville eclairee

Par le sang repandu

Dans chaque regard

Brillent des larmes

Dans chaque voix tremble

L'emotion...

Les plus belles vierges

Se sont faites putains

Et vendent leurs corps

Sans peur, ni pudeur.

Les meres font l'amour

Avec leurs fils

Pour leur apprendre la vie.

La solitude s'etend sous le ciel

Et emplit chaque vie.

Une seule nuit

Balles rondes chaudes

Visages noirs et doux

Tristes parfois

Qui jonglent avec des larmes

Soupir blanc des oiseaux

Soupir bref de la mer

Vibration tremblante sur les mots

Court le son

Lente la voix

Mais la distance

Mais trois sur le meme bateau

Coquillage a peine ne

Qui ne s'ouvrira jamais

Confiance aveugle

MOT

Pose, la au dessus

Qui ne sert a rien

Sans sens

Sans but

Sauf de servir de pretexte

A ce texte qui n'a pour but

Que de montrer ma lutte

Et puis faire la sieste seul

N'est pas toujours agreeable

Ha ha !!!

BLUES

La mer aux nerfs fatigues

Ne reagit plus aux insultes

D'une mouette cafardeuse

Qui s'ennuie d'avoir trop vecu.

Elle connait le chant

De tous les oiseaux.

Quelquefois, elle crie

A travers le murmure tenebreux des vagues.

SANS ESPOIR

Ma tristesse est la

A cote de moi.

Elle me regarde

Et je ne peux rien lui dire.

Ma langue est clouee.

Ma langue est fixee.

Si tu regardes le ciel,

Tu verras quelque chose bouger.

Mais ta tristesse sera la,

A ton cote,

Clouee pour l'eternite.

SUPPLIQUE POUR TRAVAILLER A LA FONDATION MAEGHT

du cote de st Paul de Vence.

Ecrite apres une visite payante

en compagnie de ma Florence

qui attend notre enfant,

un mardi apres-midi d'Avril,

apres un dur voyage de Cannes la Bocca a St Paul de Vence

Par bus et bus et bus et tout ca coutant beaucoup d'argent.

Alors que nous n'avons pas beaucoup d'argent.

( La, il en manque un bout,

je crois que le fragment se trouve en moi ou autour de moi

ou meme quelque part dans ces pages...

ce qui est sur, c'est ce que je pense souvent a ce jour la,

a la reponse serieuse d'une employee de la Fondation,

qui m'a dit de remplir une demande de candidature,

sans me demander pour quel poste, pour quel type d'emploi...,

si j'avais voulu... le plus beau c'est d'avoir pu,

de se dire que si l'on avait voulu...

sentir sa chance au bord des doigts, toute chaude,

ne pas la prendre, attendre une autre occasion...)

QUESTION

Te souviens-tu de ta main sur la

Peau douce de son souvenir

Lorsque tu touchas la peau de sa

Femme et le temps eclata

Tandis que tu etais la

A te demander ce qui allait se

Passer au moment precis du contact de vos deux

Peaux.

Rien ne se passa.

Vous ne fites que l'amour

Et l'amour vous defit

Et lui revint sans

Rien savoir et que le vent se passe !

De blanc et de rouge

Tache de couleur sur la main

Sur le front

Rouge et blanc

Sang et lait

Nous sommes tous des rois

Meles dans la meme cruche

Bus par la meme bouche

Et tu as la main tachee de blanc et de rouge

Une couleur sur le front

COMMENT REMPLIR UNE FEUILLE DE PAPIER

Un mot derriere l'autre.

Enfilant des syllabes,

Collants des lettres,

Je travaille pour la posterite.

Il faut savoir que l'alphabet est terrible,

Il a une main d'acier et n'accepte pas n'importe qui.

Ne t'enerve pas.

Le but arrive.

Je vais t'expliquer.

C'est une histoire triste et malheureuse

Dont j'ai oublie le nom

Triste, cafardeuse,

Morne plaine desolee en quelque sorte

Dont j'ai meme oublie le nom

Ah oui, je l'ai deja dit,

C'est l'histoire d'une personne,

En fait,

Alors tout commenca le jour ou,

Ah oui, non merci, je n'ai pas faim

Alors je disais, c'est l'histoire

D'une personne tres triste dont on a oublie le nom,

Vous comme moi

Mais qui etait, tres tres connue

Et qui de plus ressemble etrangement a une histoire

Que je ne connais pas,

C'est une personne tres malheureuse

Qui a une vie grise

Et qui meurt sans savoir

Qu'elle a vecu.

C'est atroce,

N'est-ce-pas ?

Non, ne pleurez pas

Apres tout cela arrive a tout le monde

Il suffit de naitre

Pour porter sans cesse en soi

Une sorte de melancolie

Sans pour autant presenter des symptomes alarmants,

Ni apparents !

Et oui !

COURIR EN BAS OU EN HAUT

La fille du metro qui court apres sa mort

Chaque jour, elle court de bleu et blanc vetue.

De plus en plus fort.

On la voit des tennis blanches a ses pieds courir dans les couloirs

Tout le temps, tout le temps du soir au matin.

CE QU'ELLE CHERCHE ?

ELLE NE LE SAIT PAS.

Elle ne sait meme pas si elle cherche.

Elle se dit que l'air en bas est plus pur qu'en haut.

QUE LES BAISERS DU BAS VALENT MIEUX QUE CEUX DU HAUT ?

La fille du metro qui court de plus en plus fort

De plus en plus en loin, douce et propre chaque jour.

Elle ne sait jamais s'arreter, elle vient de glisser

Quelque part dans un couloir.

CE QU'ELLE CHERCHE ? ELLE LE SAIT

Un souffle qui lui dira : appuie toi a moi

On court ensemble vers le couloir

Qui mene au soleil a la mer

Il y a bien un couloir qui mene ailleurs ?

Un couloir qui mene vers nulle part.

TA RICHESSE

Pointe feutre et soleil,

Musique et cigarette

Dans le ciel

Tu peux te regarder

Et voir enfin une nuit

Silencieuse

Et feutree.