Textes-dits

Bruno Bernier dit et met ses textes en musique

Chansons Poèmes

Chansons poèmes, fais moi
danser les mots
car plus personne ne
veut danser
sur mes chansons.
Et
des mots qui deviennent explosions
nuit
nuit et nuit.
amour amour et toi qui
n'es plus là plus là plus là
et des milliers
de voix qui se taisent quand mon corps
se
décahine et grince et pleure
et se détruit
tout en devenant de plus en plus
corps
et fort et amour et nuit et mort.

Risque, risque mon corps
broyé par ta force et ton désir trop fort.
La
nuit trop sombre trop noire trop nuit et
moi qui laisse
tout aller
qui m'abandonne
au courant des sens des vents des baisers
brulants.

Chansons poèmes cela n'a
plus d'effet, fais moi se déshabiller
les
mots et que les phrases aient des orgasmes
et des spasmes.

Que la nuit soit brulante
même au coeur de l'hiver et
glacée en
plein été.
Risque et risque et peur et
peur de me laisser aller et de
montrer
que je t'aime que je t'aime,
c'est trop
triste
trop loin
Non, cela ne sera
pas chienne de vie va, susucre...

Le feu et l'eau

Le feu et l'eau se sont
mêlés
Et la fumée s'élève
Le bois
brulé flotte
L'eau fume et bouillonne
La
fôret se contracte
Et alors une voix
couvre le massacre
Et le vent qui souffle
si fort quand la nuit cesse
Revient et
chasse le paravent brumeux
Je suis heureux
Je
suis là
Les yeux dans le coeur de ce
brasier
Et ma tête est vide
Vide de
toute idée
J'aime ce feu, cette eau et
cette fumée.

Entre le vent de tes cuisses

Entre le vent de tes cuisses

Se promène le frottement de mon vice.

L'idée substance
Idées
d'avance.

Je sais
Ca rime si mal
que ça n'est pas normal.

Seulement, j'ai dans l'idée
Que
la ruine du lac ridé
Sera si peu de chose
Que
pas une rose
Ne me dira
Que cela ne
va pas.

Que cela ne suffit pas...

Il faudrait pour que tu
sois ma chose
Que je me creuse la cervelle
un peu plus
Mais il me reste si peu de
cellules fraîches et tendres.
Que j'ai
peur de rester sans plus aucun neurone,
Si
je cherchais pour te faire chavirer
Des
mots, des idées et même des images pour
t'amener
Sur le doux son crissant que
mes draps chantent

Lorsque tu t'y couches.

Je saurais, tu le sais les
inventer,
Ces mots doux comme mouches
sucrées,
Alors puisque tu le sais...

Plutôt que de me fatiguer
encore
Je te dis d'un ton sec

Si tu le veux : viens !

J'ai pas le temps de bien
t'emballer
Mais c'est pas pour offrir
C'est
pour la maison et en plus pour manger de
suite...
Un tout petit papier suffira,
pas besoin de ruban...

Et des oiseaux qui planent

Et des oiseaux qui planent
au dessus de nous
Avec leurs cris et
leurs espoirs
Me laissent encore croire
Que
nous ne sommes pas encore revenus de tout

Je ne sais plus que croire,
plus quoi penser
Tu n'es plus là comme
hier
Moi, je suis toujours ton
mystère
Mais tu veux pas m'expliquer

...et des chiens aboient
sur tes traces
Je ne veux plus des victoires
qui lassent

Reviens amour bizarre
Reviens
ma douce barbare
Sans toi, je crispe
ma mémoire
Reviens dévorer notre histoire.

Et des oiseaux qui planent
au dessus de nous
Avec leurs cris et
leurs espoirs
Me laissent encore croire
Que
nous ne sommes pas encore revenus de tout

Rien devant, un peu de poussière
Et
ton sourire accroché au ciel
Rien dans
le vent, un peu de misère
Et tes yeux
dans la rivière
Rien dans la tête, un
peu de soleil
Et ton corps dans la lumière.

Ta main sur le sol
Et
ma bouche posée
Ta main sur la mer
Et
mes cheveux comme vagues.

Soirée aux sourires éteintes
Des
oiseaux glissant de lèvres en lèvres
Passant
de coeur en ciel
Nuits éteintes aux lits
pâles
Qui prennent les dernières forces
Les
soleils de demain
La fuite des idées
Dans
une aube plissée
Enfermée par la voix
Qui
cogne et frappe la mémoire.

Ma différence,
C'est
d'être comme toi :
Un enfant du vent
Qui
tasse sa solitude
Au fond d'un verre
de carton vide
Verre vide vieux vent
vendu
Qui mousse et qui bruisse et glisse
le long de la gorge
Tombant dans l'estomac
D'une
hauteur indigne.

Et soudain, la tête qui
s'éclaircit
Qui devient plus lucide.
Mémoire
qui se rêve,
Qui se réinvente un ancien
passé.

Mais tu ne m'as pas compris
J'étais
seul devant la nuit des anges
Et tu as
dit :
Je te trompe avec un ange bizarre et triste
Qui a des regards et des remords
sur sa toison blonde.

Le vent qui passe et regarde
la vitalité
La suite est riche de soucis
et de rires rouges et violents
Non, tu
ne sais pas encore ce que mourir veut dire.

Dans cinq petites minutes

Dans cinq petites, mais réelles
minutes
Je prendrais mes ailes vers l'étang
Vers
le lac, la lune, le lys
Dans cinq petites
mais réelles minutes
Je partirais vers
la prison
Vers la réussite, l'humiliation.

Quelle est la vraie version ?
La
première qui subit un conditionnement ?
La
deuxième qui en subit la réaction ?
Existe-t-il
une troisième version ?

Dans cinq petites, mais réelles
minutes
Je m'envolerais vers un lieu
bizarre
Antique, où je retrouverais le
reflet
De ma vie et de ma jeunesse
Dans
les symboles secrets
Des générations
passées.

Prière de faire suivre

Purifier la terre
l'air
le
corps
nos mots
nos vies
nos mains
nos étreintes nos nuits

Que le désir soit
Que
son accomplissement soit
Que nos voix
se glissent en lui
Que nos paroles soient
douceur sensuelle
Que nos mains soient
objet de caresses
Qui font qui agissent
et frissonnent.

Que nos yeux soient.

Sur des étoiles au sol salé

Sur des étoiles au sol salé
Se
promènent d'étranges femmes
Qui passent,
un enfant sur le dos

Sur leur visage, un sourire
Qui
éclaire l'air

Près d'ici, près de toi
Elles
passent chaque jour

Oesophage, intestin de soie
déchirée
Veines sculptées, coeur de velours
rouge
Reflets humides et noirs

Des soleils dans le regard
Et
une plainte sourde dans la gorge

Déchirements, l'aorte se
brise
Et des éclats d'os de la cage éclatée
Se
dispersent dans la pièce

Bouffées de fumée stérilisantes

Chaque pièce reprend sa
place.

Comme un besoin de laver ma sueur

Comme un besoin de laver ma sueur
J'ai peur du bonheur
J'ai besoin d'un
peu de malheur
Un besoin de mettre ma
peau sous l'eau
Je cachalot, je suis
chocolat à l'eau
Une eau qui coule forte,
très forte.
Ma mère, elle est morte,
très morte.
Une eau qui soit torrent,
Le
mot c'est souvent, souvent
Une eau qui
m'emporte vers
Le niveau zéro, le niveau
zéro.
Je suis ton égout, ego,
L'endroit
ou la terre
Finit et où l'eau commence.

Il y a beaucoup d'enfants
dans
Le silence
Qui ne sont pas nés
Et
qui ne sont pas nés
Je les naîtrais,
Je les naîtrais.

De ruisseau en ruisseau

Je voyage de ruisseau en ruisseau
J'ai des ailes au bout des pieds
Je sens ma tête vide
Et dans mes mains, il y a une pomme
Une très vieille pomme ridée
Qui a une chair de femme
Douce au toucher,
Délicate à caresser.
Une pomme souveraine
L'exemplaire parfait et velouté.
Dans mes mains, j'ai une pomme
Une très vieille et respectable pomme,
Une pomme surnaturelle
Que j'aime caresser.

Vermine

Le début sera créé malgré ta volonté
Malgré tes cris mais tes pensées
Feront
un rhytme secret entre toi et ma parole.
Ta
mélancolie, ta solitude noire
Allant
vers la fin du monde.
Je ne sais pas
si les fruits
Que tu récoltes seront
mangés
Mais ta solitude approche
Le
monde de la fin du monde
Et ton corps
peut s'offrir
Au soleil, sur la plage
La
fin du monde est en toi.

Bleu

Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu
Bleu bleu bleu

Le berceau

Je berçais l'enfant
Comment
se bercer soi-même quand on vient de naître
Je
me souviens,
Je me lève sur mes avant-bras,
c'est à dire que je soulève ma tête et mon
cou
Et puis, je laisse tomber ma tête
et mon cou
Et cette chute provoque un
ébranlement de mon berceau
Qui vibre
et se balance.
Et je recommence, Je lève
ma tête et mon cou
Puis je laisse tomber
ma tête et mon cou
Et cela provoque un
mouvement
Qui ondule tout le long de
mon corps couché dans le berceau.

Les femmes de quarante ans

Les femmes de quarante ans
S'assoient
sur les palissades
Formant tantôt une
attitude obscène
Tantôt un faisceau de
vierges romaines.

Elles attendent le moment
rouge du bourreau.

La douceur des sons

La cloche lointaine d'un
orchestre
S'entend à travers l'acoustique
de ma caisse.

Le ruban de ma tristesse
tourne,
J'ai envie que tu me laisses
prendre le bleu du ciel
pour le mettre
aux murs blafards
De ma chambre.

La morgue

La nuit les fenêtres fermées
Un
drôle de type rôde
Devant la morgue
ce
qu'il vient y faire
C'est sentir, humer
Les
parfums des viscères
L'odeur de chair
des hommes
L'odeur des corps sans âmes
L'odeur
des êtres nus après une longue vie sur terre
passée à attendre ce que seule la morgue
peut offrir :
La réfrigération momentanée
avant la mort (triste)
Définitive
Dans
l'oubli de soi
La terre.

Perce-moi les yeux

Perce moi les yeux
Pour
ne plus me voir
Coupe moi la langue
pour
ne plus me parler
Gifle moi pour avoir
mal
Dis moi qui, dis moi quand, dis moi
où et quand, dis moi où et qui

Mange-moi pour ne plus
avoir faim.

Tu marches

Solitaire est le goût du
vent
Vie après vie tu reviens me voir
Jour
à jour tu regardes la mer
Dans tes yeux
l'étincelle du désir
N'est plus qu'un
calme souvenir
Ton ventre se glace
Tes
seins sans mains
Finie la route des jours
Plus
rien que le corps et la bouche.

Tous en prison

Pas de boulot, pas d'emploi
Que des galères, pas de
droits.
Rien à bouffer dehors, que le temps
Mieux vaut être dehors que
dedans

La naissance
Tirage au sort
Les parents sont ta
chance
Sinon t'es qu'un mort.

Tous en prison
Y'a pas de raison

Ceux qui n'y sont pas encore
Seront tirés au sort.

Pour bouffer,
dormir,
Mieux vaut être dehors que dedans
Dedans la société
Qui veut
nous larguer
Qui fait tout pour nous vider.

Tous en prison
Y'a
pas de raison
Ceux qui n'y sont pas encore
Seront tirés au sort.

De toute façon, sans boulot
Y'a pas de mystère
Sans un père ou
une mère
Y'a plus qu'à voler

Tous en prison
Y'a pas de raison

Ceux qui n'y sont pas encore
Seront tirés au sort.

Moins de 25
balais
Si t'as jamais bossé
T'as plus qu'à te flinguer
Ou à aller à
la Santé.

Tous en prison
Y'a pas de raison
Ceux qui n'y sont pas
encore
Seront tirés au sort.

Tutti in galera

Tutti in galera

Niente lavoro, ne impiego

Solo galere,
senza diritti

Niente da mangiare fuori, solo il tempo

Meglio essere fuori che dentro

La nascita

Scelta di caso

I parenti sono la tua fortuna

Se no, sei solo un morto

Tutti in galera

Non c'è motivo

Quelli che non ci sono ancora

Sarrano scelti a caso

Per mangiare, dormire

Meglio essere fuori che dentro

Nella societa

Che vuole abbandonnarci

Che fa tutto per buttarci

Tutti in galera

Non c'è motivo

Quelli che non ci sono ancora

Sarrano scelti a caso

In ogni modo, senza lavoro

Non c'è mistero

Senza un padre o una madre

C'è solo da rubar.

Tutti in galera

Non c'è motivo

Quelli che non ci sono ancora

Sarrano scelti a caso

Meno di 25 anni

Se non hai mai lavorato

Hai solo da spararti

O d'andar in cella.

Tutti in galera

Non c'è motivo

Quelli che non ci sono ancora

Sarrano scelti a caso

Ces textes-dits ont été réalisés avec Music Magix 2005, des banques de sons de MusicDirectorPro et des sons captés en live. La conversion en MP3 est effectuée avec Audacity. Si vous appréciez ces textes-dits, téléchargez-les librement.