Sur les trottoirs la nuit glisse ses pas
Et moi je glisse en toi
Tu dors et tu ne le sais pas
Je me promène à travers toi.
Nuit dans la nuit
Je suis dans toi comme un bruit
Bruit de ton cœur
Je tiens tes hanches entre mes mains
Comme si je ne tenais plus à rien.
Lune agitée de tes yeux
Tu ris de mort
Migration sauvage
Dieu est là
Sur la table d'opération
Le ventre ouvert.

Ma différence, c'est d'être comme toi :
Un enfant du vent qui tasse sa solitude
Au fond d'un verre de carton vide
Verre vide, vieux vent vendu plein de coca !
Coca qui mousse comme aspirine
Et qui bruisse et glisse le long de la gorge
Tombant dans l'estomac
D'une hauteur indigne.
Et soudain la tête qui s'éclaircit,
Qui devient plus lucide !
Mémoire qui se rêve,
Qui se réinvente un ancien passé !


Laisse devant le feu la nourriture aveugle des hommes désolés
Tu sais, le chasseur ne pense pas à la biche tuée mais à la précision
De son tir
Tu es une biche sans scrupules devant la mort ardente du chasseur.
Deux mois ont suffi pour te donner l'assurance de la vie
Tes pattes sont fines et fragiles
Tout est neuf tout est fragile en toi
Tu n'as plus de craintes tu sais tout de la mort tu la frôles sans cesse
Il fait froid l'hiver dans les grands fourrés
Laisse-toi tuer à la fin de l'automne pour éviter le gel du sentier.

Cheveux fous
Bouche dévorante
Amie, une nuit d'été
C'est court et énorme à la fois
Amie, un baiser
C'est peu et amour à la fois.
Amie, tes jambes loin des vents méchants
Tes mains, loin de la noirceur
Cœur pur et doux,
chanson et fumée, joie,
Merci amie,
Sur la plage nous nous retrouverons
Sable et ciel, galets, vagues caressantes.
L'immense plage sera notre lit
Même si nos corps séparés par la distance
Et nos amours,
Même si nos lèvres
Embrassent
D'autres
Lèvres.


Et la sourde attirance
Entre nous, une idée de bonheur
Un semblant d'espoir.
Rien de plus, rien de moins
Un petit peu de solitude
Qui crispe ta douleur
Et si l'amour naissait
Rien ne durerait
Une nouvelle vie s'ouvrirait
Où nos mains croisées seraient douceur
Où nos lèvres jointes
Parleraient de fleurs.
Une page se vide
De mots
Mais revit
Sous la pression
De
Tes lèvres.
Dans le soleil une fleur
Dans le vent une odeur
Dans la voix une peur
Et dans ton cœur ?
Rien de plus secret
Rien de moins évident
Je ne suis pas.
Je disparais de l'existence.
Une main enchaînée au
Parcours silencieux
Du mystère.
J'ai peur
Tout seul
Sans toi
Dans le désert
Des murs
Dans la nuit
Des sons
Et rien ne peut
Arrêter les battements
De mon cœur.
Le point final est là.
Mais rien ne se conclut
Sans l'apparence
Du sens
Sans la nuit
Du silence
Sans ce cri qui s'élance
La vie dans la nuit
Rien ne paraît clair.
Le désert gris et tout
S'explique.
J'ai compris
Tu es partie
Avec la nuit
Avec la vie.
J'ai vu ta main cogner au volet
Mais le silence l'a tuée
Et ton sourire devient larme.
Plus rien ne garde de sens
Je sens, autre silence dans les mots.
Mes rires sont devant le silence
Comme devant le mur des suppliciés.
Non, tu n'as pas de choix
Tu dois partir rejoindre
Mais la réalité m'empêche
De te comprendre et de vivre.
La nuit est là
Ton cœur est là
Et que fais-tu dans le silence ?
Nos mots se perdent
Pour combattre l'existence
Nous rêvons à des choses impossibles.
Mais tu es silence
Mais tu es rêve
Et je ne sais plus
Chanter tes mots
Dans une autre langue.
Dans la mer et les vagues
Une étoile me sourit
Je vais la rejoindre.
J'ai oublié de penser
Et nous voilà liés
Par notre liberté
Commune.
Commune et merveilleuse
Car insoupçonnée
Et moi je ris pour
Voir tes lèvres
Courber sous le plaisir.
Ces mots ne sont pas
Des réalités
Mais des bribes de rêve
Des lambeaux d'une journée.
Demain je te reverrais
Car tu auras besoin
D'un peu d'amitié
D'un peu de compréhension
Mais fais attention
Je ne suis pas un ange
Ni un enfant triste,
Je vis de chair et de
Sentiments. Amour ?
Soulage-toi le cœur,
ça fait du bien au ventre.

Les voix en moi tues à toujours
Tu peux parler
Cuisses serrées devant la vague léchante
Pour dire froides vérités et riches devises.
Rire oser non ta bouche est cousue devant les lettres
et les mots qui disparaissent et sautent
Et ton fils ?
Qu'en as-tu fait ?
Révolutionnaire non ?
Mort pour la noble cause ou bien
Perdu dans ses contradictions petites ou grandes bourgeoises ?
Tu veux parler ? Vas-y camarade.
Tu vois là-bas, c'est le marchand de bois
Il lève les bras, dit le temps est sec
Les bûches seront crépitantes.
Là, plus loin, c'est le gars du café
Le temps est sec
Les gosiers seront asséchés.
Toi, tu penses,
Il y a soleil, c'est l'heure de la beauté
Et tout devient d'un seul coup
Relief et sensation
Vif picotement des doigts.
Les caféiers deviennent buissons.

Le vent est l'espoir qui s'envole
Et je vis de vivre ma nuit
Sans jamais, jamais m'arrêter
Sans jamais jamais essayer
De dormir
Et ce vent qui prend le temps
Par la main
Emporte mes rêves les plus fous
Et notre vie aussi
Avec les jours.
Je vis de vivre ma nuit
En essayant
Sans jamais jamais m'arrêter
À m'envoler avec le vent.

Un oiseau gémit dans mon cœur
Et s'évanouit dans ma peur
Comme une petite rose
À peine fanée, morose.
Un bonheur, fané, à peine découvert
Comme source de feu a jailli de la terre.
Un oiseau endormi sous le poids du sang
Cherche à s'envoler dans le temps, dans le vent
Mais ne peut, faute de courage insensé
De la nature orgueilleuse et fermée.
Au-delà du temps
Au-delà de l'espace
Au-delà du vent
Au-delà de la race
Au-delà du sang.

Tâche de couleur
Sur la main
Sur le front
Rouge et blanc
Sang et lait
Mêlés
Dans la même cruche
Bus par la même bouche
Et tu as la main
Tâchée de blanc
Et de rouge
Couleur sur le
Front.

Balles rondes et chaudes
Visages noirs et doux
Tristes parfois
Qui jonglent avec des larmes
Soupir blanc des oiseaux
Soupir bref de la mer
Vibration tremblante sur les mots
Court le son, lente la voix
Mais la distance,
Distance de la longueur, la moitié du bonheur
Mais trois sur le même bateau.
Coquillage à peine né
Qui ne s'ouvrira jamais.

Les mots n'ont pas d'importance
Mais les nuages si
Car aucuns ne se ressemblent
Et ils passent dans notre vie
Comme des oiseaux éperdus
Les mots n'ont pas d'importance
Mais les oiseaux si
Car ils purifient notre vie
et qu'ils passent dans le silence
Sans arrêter leur sens.

Le clou ne pénétra pas directement
Il glissa sur la peau
Fit une écorchure sur le bras
Un nouveau coup l'enfonça
Il pénétra la face intérieure du muscle
Et délivra le sang emprisonné dans les veines
Le clou rouillé tétanisa le muscle
Puis le corps et la nuit fut totale.

L'oiseau rit sur le fond jaune de ma vision
C'est mon ami à qui je fais l'aumône,
Lui, voyage en avion,
En bas je demeure seul
Malgré ma peur.
Lui là-haut s'ennuie,
Il ne voit pas la profondeur douce et tranquille
Qui sépare le ciel de la terre.

La Villette la nuit
quand je cherchais au sol
les rubans de lumière bleue
On me dit que la lumière bleue
n'est réservée qu'aux grands soirs d'après concerts
Pour guider les âmes ivres ?
Le toit va s'envoler


Ce soir là,
Et pour un moment
Un seul instant
J'ai oublié qui je cherchais
Et pourquoi, et comment.
J'ai senti que j'avais gâché
Gâché mes années de jeunesse
Au lieu de me chercher
Au lieu de savoir qui j'étais
J'ai cru pouvoir aimer.
Puis je t'ai retrouvée
Et j'ai tout oublié,
J'ai vu que ton amour
Avec le temps
M'oubliait,
Puis tu es partie
Une autre est venue
Et je me cherche encore.

Juste un son de piano
Avant de faire le repas du soir
Un verre de Bardolino
Souvenirs des docks
Glace avec un verre de Grappa




Le feu et l'eau se sont mêlés
Et la fumée s'élève
Le bois brûle et flotte
L'eau fume et bouillonne.
La forêt se contracte
Et alors une voix couvre le massacre
Et le vent qui souffle si fort quand la nuit cesse
Revient et chasse le paravent brumeux
Je suis heureux
Je suis là
Les yeux dans le cœur de ce brasier
Et ma tête est vide
Vide de toute idée
J'aime ce feu, cette eau et cette fumée.

La lune est blanche
La mer est verte
Les vagues s'écrasent
Sur le sable
D'une plage.
La mer n'a plus de couleur
Tes yeux sont tout mon horizon
La mer a pris la couleur de tes yeux
La lune aussi.
La nuit
Je ne vois que tes yeux
Et la mer disparaît.
Il n'y a plus que tes yeux
Tes cheveux et un morceau
De plage, sans couleurs.

Comme un besoin de laver ma sueur
J'ai peur du bonheur
J'ai besoin d'un peu de malheur
Un besoin de mettre ma peau sous l'eau
Je cachalot, je suis chocolat à l'eau
Une eau qui coule forte, très forte.
Ma mère, elle est morte, très morte.
Une eau qui soit torrent,
Le mot, c'est souvent, souvent
Une eau qui m'emporte vers
Le niveau zéro, le niveau zéro.
Je suis ton égout, ego,
L'endroit où la terre
Finit et où l'eau commence.
Il y a beaucoup d'enfants dans
Le silence
Qui sont pas nés
Et qui sont pas nés
Je les naîtrais, je les naîtrais.

Une lampe au pied d'un arbre
Une vision romanesque
Et des voitures
Par centaines sur le fleuve.
Prostituée bizarre
Qui payée par le mâle
Paye de son corps
La frustration des hommes.
La nuit est là,
Des enfants nus sur les rues
Dévient le souffle du vent
Et endorment ta méfiance
Lecteur, tu empoisonnes tes yeux
Tu ne sais plus imaginer tes mots.

Et si le vent voulait t'emmener loin de ce pays
La nuit voulant à tout prix t'emporter
Dans les endroits où ne sont nuls nuages
Tu sais de la nuit sortiraient des milliers de femmes
Pour les en empêcher
Pour que tu restes
Toujours ici sans trop de problèmes
Avec nous avec ceux qui t'aiment
Et tous les autres qui savent que tu existes
Mais qui s'en foutent
Tu es là il faut rire et crier
Elle est là rions et crions là là là
Et si le vent ne le savait pas
Et si la nuit l'ignorait
Faudrait-il leur dire ou bien nous taire calfeutrés
Dans un silence qui se meurt étouffé par tes cris…

Je passe, cirage en boîte
Limage en noix
Et lit en toile
Non que tu ne peux
Faire aller manger
Mais si nous oui
Alors triste partir
Suffit de mettre les points sur la fin des phrases
Et les virgules là où il faut.

Les mains sur les hanches de cette fille
Tu danses et la fumée se lève et s'en va
Et la fille tourne et vibre
Et la musique continue
La trompette fait son solo, haché
Trituré par des milliers de pensées
Et la femme entre tes bras
Se lève et s'élève
Et s'en va de tes bras.

Dernière feuille de papier
Que peut-on écrire ?
Ne t'énerve pas !
Je trouverais quelque chose
À dire ou à écrire
Sur cette dernière feuille de papier
Fort blanche d'ailleurs
Et oui, tu vois, j'écris des choses pour toi
Au dessus, en dessous, il y a des lettres pour toi,
C'est l'intention qui compte dit-on
Alors je te les donne de haut en bas
Tout est à toi et même le milieu,
Et voilà, quinze lignes pour toi
Non, seize, et encore,
Pourquoi pas dix-sept,
Et même dix-huit
Allez va dix-neuf et je te quitte !

Elle regarde le soleil
Droit dans les yeux,
Elle marche les seins libres
Elle marche en roulant
Les yeux et les fesses.
Ses seins libres,
Elle marche,
Au milieu de la route
Les mains nues,
Elle avance vers le futur.
Elle sourit
Elle regarde le soleil
Droit dans les yeux.

Devant le miroir
La femme s'éveille
Devant le miroir la femme s'aime
Devant le miroir
Vibre la femme
Qui pleure son amant.


Un sourire dans le bois vert
Qui prend la vie des hommes amers
Et laisse le temps de mourir aux hommes de cire.
Des chaises pour les hommes amers
Les hommes de cire n'ont qu'à mourir.
Le vent qui passe dans la nuit
Souffle aux oreilles des enfants
Des mots tristes, des mots de solitude.
Tu sais que le froid ne dure qu'une saison
Même en amour
Même si nue, tu plais à certains
Il faut chercher à être invisible
Souffle d'amour
Souffle de désir
Et jamais réalité et jamais réalisée
Et si jamais tu étais rêve solide dur
Tu aurais raison
Tu serais le matériel imaginaire
Tu étais rêve et tu viens réalité
Tu deviens volonté
Et moi devant toi
Rêves devenant inférieurs.

Elle a les mains en coupe
Pour que tu lui verses
Ton amour, ta vitalité
Et tu détournes les yeux
Pensant à ces jours tristes.
Tu avais une maison
Qui n'avait que toi
Mais si ta vie était calme,
Tes nuits folles sont restées
La musique recouvrait tes murs
Et la nuit te les cachait.
Seul, quelquefois, un soupir glissait,
Alors tu tendais les mains mais le rire renaissait,
Tu as tout perdu
Dans ta route
Ta maison abandonnée n'a plus de lit à te donner
Tes murs sont muets et nul soupir
N'emplit ton cœur
Et quand on rit, ce n'est plus de toi
Car personne ne te voit plus
Tu es devenu lumière.



Je voyage de ruisseau en ruisseau
J'ai des ailes au bout des pieds
Je sens ma tête vide
Et dans mes mains, il y a une pomme
Une très vieille pomme ridée
Qui a une chair de femme
Douce au toucher,
Délicate à caresser.
Une pomme souveraine
L'exemplaire parfait et velouté.
Dans mes mains, j'ai une pomme
Une très vieille et respectable pomme,
Une pomme surnaturelle
Que j'aime caresser.
Descendre de la lumière aux doigts
Le long du fleuve
Le vent jouant avec l'eau
L'eau jouant avec la terre.
Des oiseaux sans bruits
Volent à travers mon regard,
Noirs corbeaux
Le soleil prend la place du brouillard
Qui s'échappe en légères vapeurs.

Riant, tirant
Sur la longue plage.
Voilà que passe la parole
Du vent de l'étoile,
De la réalité.
Et si mon amour n'est qu'illusion.
Chose éphémère,
Venant, partant
Avec le souffle du temps
Toi, tu restes aimée de mille et mille gens,
Venus de lointaines idées,
De contradictions apaisées.

Dans un café, tu as bu une bière et le vent à ton cœur est mort.
Dans une rue, tu as lu son nom sur la porte à trois mètres de ce café.
Dans ton corps, son corps se recueille chaque soir à ton insu.
Dans cette nuit blanche, les pieds se croisent
Et font glisser des corps sur l'asphalte
Et une mouette ricane méchamment
Tu es une idiote idole
Le sang revenir gicler à nouveau
Sur tes ailes grises.



Si ta main a saisi le bâton
Ce n'est pas par amour
C'est par nécessité
Volonté effarante
De tuer le vent passant
Devant ses yeux doux
Tout effarouchés
Doux de matin
Doux de couleur
Retour, retour
Dans mon âme, je sens
Un violon qui danse
Qui veut venir avec moi
Sortir dans la nuit.
Ami, Amour, enfant non né
Écoute la voix du temps glissant
Voilà une nuit différente de toutes autres.
À travers elle se glisse la tristesse.
La noirceur de nos cœurs, le vin de nos fêtes
Devient vinaigre
Devient lait.
Sur la main passe le feu, le feu, la nuit
La main brûlée caresse ton visage triste
La misère aimant la misère
Au lieu de la haïr
Aimer ne signifie-t-il pas soutenir ?
Chaleur des arbres lointains
Contraste entre le ciel et le sol
Lien magique : arbre, trop facile
Pourquoi l'arbre serait-il fait de ciel et de terre ?
Pourquoi ma liberté coule entre tes doigts sans résistance ?
Solitude, la mienne, la tienne
Nos deux solitudes marchent l'une à côté de l'autre.
Nuit noire violente
Avec corps et mains blessantes
Mais rois et reines ne pleurent
Voilà que tu viens en ma demeure
Voilà tes seins sur mon lit
Voilà toute ta vie dans mon ennui
Tu sais que l'amour n'est pas mort.
Tu sais ce n'est pas si mal ce que tu cries
Avec tes lèvres dents bouche langue.
Ton corps qui s'agite
Sur la scène me donne envie.




Soirées aux sourires éteints
Des oiseaux glissant
De lèvres en lèvres
Passant de cœur en ciel
Nuits éteintes aux lits pâles
Qui prennent les dernières forces
Les soleils de demain
La fuite des idées
Dans une aube plissée
Enfermée par la voix
Qui cogne et frappe
La mémoire.
Au bout du comptoir
Loin des yeux et du cœur
Poisson
Symbole de l'union
Amitié
Poisson, tu es le cri de la mer
Ton nom gonflé par ma voix
Hurlement de la mer
Pouvoir te prendre
Pour entendre la mer hurler une dernière fois.
Les trois doigts de la main
Se glissent sous le vent
Et tes paupières réclament la page des secrets
Tout, tout se dire
Dur, n'est-ce pas !
Dur, de dire tout ce que l'on a sur le cœur et les tripes dans.
Sur le cœur
Dur de dire
Tout dans.
