Soleil Bleu

Chute

C'est la chute !
Tombée la femme,
Bruit énorme entendu
La femme sur le sol
Étendue
N'est vraiment pas belle à regarder.
On dirait un film policier.
Un monsieur de bleu vêtu
Crie et siffle son bonheur
De pouvoir enfin s'activer.

Voiture blanche avec du rouge
Croisé sur son toit
Qui hurle de rage
D'avoir été dérangée
Pendant son café.

Chute

Le vent et toi

Une main sur ta tête caresse tes cheveux
Un corps sous tes mains vibre doucement.
Dehors, il pleut.
Un corps sur ton corps
Et le vent au loin.
Un cri te noie, un cri t'emporte.
Ses cheveux sont d'or,
Et son rythme, de plus en plus lent.

Le vent passe sous la porte,
Ton dos se déchire,

Ton corps gémit, tu hurles,

C'est fini.
Le silence revient

De lents baisers frissonnent

Dehors le soleil rayonne.

Déclaration.

Ceci est une lettre anonyme
Que moi Bruno
Ne signerais jamais.
Elle ne dénonce personne.
Elle ne dévoile rien.
Elle n'a pour seul intérêt
Que de paraître belle

À beaucoup de petites cuisses
Et de beaux petits sourires.

Hélas, les sourires sont mâles,
Les grimaces sont femmes
Et je ne suis pas plus homme

Que la cabine du téléphone
Qui sanglote désespérément
Avec fracas.

Le vent et toiLe vent et toi

Geste de doigts

Avoir envie de tous les plaisirs
Envie de chaque regard effleuré
Passer sa main dans des rêves de corps
Et sourire de cheveux qui frôlent les lèvres.
Par des années, le visage parcouru
De mille reflets solides.
Et penser que rien ne sert
Que tout est chair
Et croire que l'oubli
Peut rendre la nuit douce et calme.

Geste de doigts

Avec sa poire.

Elle se tient toujours au comptoir
La fille qui refuse de s'asseoir
Même si tu l'invites à boire.
Elle veut rester au comptoir
Elle se regarde dans le grand miroir
Elle se fait de l'œil avec espoir
Elle espère qu'elle se plaîra un soir
Qu'elle repartira avec sa poire
Qu'elle passera la nuit
Avec elle-même
Et non pas avec un corps
Rencontré au hasard,
Croisement de deux solitudes.

Avec sa poire.

Romantique ?

Une larme sur ta joue a coulé

Une larme sur ta joue, j'ai embrassé

D'un baiser à une caresse

D'un désir à la tendresse

Il n'y a qu'un regard

Et de l'amitié à l'amour

Il n'y a qu'une seule parcelle

De temps très lourd.

Écriture ronde

fruits ronds et caresses

roses et fruits

abricots et cheveux

arbre et abricot

bouche appel, rappel

souvenir confus.

mains qui cherchent

une fleur à travers les herbes

et recherchent à travers elle

l'oubli total.

C'est fini

les fleurs se fânent

et les abricots meurent

l'arbre est seul

les roses se confondent avec leurs épines

des fruits ronds deviennent souvenirs

et le temps passe

la femme est immortelle.

Romantique ?Romantique ?

La maison

Il y a cinquante ans

Un oiseau posé

Sur la plongée de ta vie

A crié par le verre

Lit blanc

Ventre blanc

Blancheur des seins

P�les luminescents

Soleil caché

Vent clandestin

Tanné le visage

Bras buriné

Et trois vies

Qui sont de trop

Pour ton énorme

Envie de toi.

La maison

Si l'agneau est rouge de sang

Si le manche est de bois

La lame est de fer

Si la chair est d'homme

Les habits sont d'agneau

Si la mort est là

C'est que la lame est dans l'homme.

Si l'agneau est rouge de sang

Jeu

Si tu me donnes Amsterdam

Je ne te marchande pas

Constantinople mais tu me

Laisses passer sur Atlanta

Librement pendant trois

Tours et moi de même

Sur Moscou

Bisou l'amour,

T'es le fleuve le plus

Mignon du monde...

Jeu

Débuter dans la vie

Il vendait des choses infâmes

À n'importe qui.

Il était payé n'importe comment.

Il savait qu'il volait le peuple

Et s'en foutait.

Mais, et le point est là :

Il disait que si l'on a faim autant manger,

Il disait s'il faut travailler pour passer le temps autant le faire.

C'était juste un menteur.

Débuter dans la vie

Dimanche

Tout doucement le sang qui coule en moi

Se corrompt et devient pourriture.

Des oiseaux dévorent ma cervelle,

Et mes bras s'atrophient

Et semblent vouloir se séparer de mon corps.

Ma vie n'est plus qu'un lambeau

Et des étoiles sanglantes s'écrasent sur mon visage,

Venues de moi.

Dimanche

C'est vrai ça !

Des mots,

Il en faut partout

J'aime te tâter dans les couloirs,

Enfant de moi-même.

J'aime bien tes mots,

Je suis cliquetis bizarre des temps.

Y'a des couleurs qui se perdent.

J'aime tes remords.

C'est vrai ça !

Livre de l'angoisse

Ce vent qui t'emporte,

A des yeux trop clairs,

Vraiment, pour être l'expression du temps.

Des oiseaux du toit sont tombés

Et le vent s'est arrêté avec de l'étonnement.

La pluie a traîné sa bouche

Sur des sentiers de lièvres

Tu ne t'es pas souciée de laisser tes pas

Souiller la trace de ton enfance.

Livre de l'angoisse

Vroum vroum.

En partant en vacances,

Car elles sont toujours plusieurs
Les vacances, même si on ne peut
Pas partir.

C'est les vacances, même
Quand on reste à Paris, c'est les vacances.

Boum, boum (contrebasse)
Ting, ting (piano)

Une vacance,
C'est quand il y a une place à prendre.
Des vacances, c'est quand la place est prise.

Un soleil. Une mer bleue. Une plage.
Tout ça, tout ça, c'est les vacances.

Est-ce que tout ça va me payer un pyjama ?
Je crois pas.

Je devrais me mettre à vendre
Mes poèmes, peut-être au dos
Des boîtes de biscuits
Ou sur des emballages de harengs fumés ?

Vroum vroum.Vroum vroum.Vroum vroum.

Vingt trois heures.

Laver les mots sales

À l'eau de javel...

Laver les bouches et les lèvres

À l'eau de haine

Et remplir les sacs de linge sale

De bombes cruelles,

Mettre à chaque bombe un adjectif

Un poème au bout de chaque futur soleil.

Vingt trois heures.

Voleur de temps

En avance d'un jour sur mon temps,

Je n'ai jamais le temps de dépasser mon époque

Je suis obligé de glisser des mots, des phrases, le long des minutes

Pour conserver mon avance.

Mais impossible de doubler plus de 24 heures.

Malédiction, ma vitesse est limitée à 3 millions de maîtresses secondes

Jamais, je ne dépasserai

Le mur de l'amour.

Jamais, je ne dépasserai

Le mur de l'amour.

Voleur de temps

Adieu aux larmes

Tu es une ombre de soie

Sur la toile de mes idées.

Une ombre transparente

Fine aux traits précis

D'un enfant pâle.

Le soleil se tord et éclate dans le silence.

Je suis sans lèvres

Ma bouche est précipice

Ma bouche est tendresse.

Des larmes de sang

Sur tes jambes

Sur le sol.

Adieu aux larmes

Ulcère

Lune agitée de tes yeux

Tu ris

Tu mords

Migration sauvage

Dieu est là

Sur la table d'opération

Ventre ouvert.

Ulcère

Marie

Marie, je te veux

Je ne veux que toi

Je veux ton corps, sur la mer

Dans le ciel,

Dans l'avion des passions.

Amie Marie, non, je ne veux pas que toi

Sur les murs de ma chambre

Le son de ta voix transperce en tous sens

Et vrille le crâne

De ceux qui t'aiment.

Marie

À jamais

Rupture de la vague contre la porte

Éclat d'une toux dans une salle de concert

Passages de pas patients parmi tes palissades

Errer le long de ton corps lassé de mes autres errances.

Marcher, marcher le long de ton immensité,

J'aspire à rentrer mon corps tout au long de ta voix,

À rester couché à jamais dans ta salive lisse

Et puis un jour à

Être

Avalé comme le son

Du piano tendre qui glissa

Léchant ta joue.

À jamais

Désespoir

Un joli petit chien se prélasse dans un fauteuil,

Devant lui sur une table basse fument des tasses de thé,

Des voix dans le couloir glissent jusqu'au cœur de la chambre.

Un sucre ou deux dans le creux de la tasse

Et puis plus rien dans la main

Qu'un mouvement rond qui agite la cuillère.

Puis la tasse élevée jusqu'à la bouche,

Un gâteau sur l'assiette.

L'on regarde par la fenêtre la grisaille

Et la pluie, et l'on se dit,

Mais qu'est-ce que l'on est bien chez soi.

DésespoirDésespoir

Tiret, à la ligne.

Un homme est dans ta mémoire

Sa mort est ton geste favori

Et le temps n'est pas arrivé

Pour la libération des prisonniers de l'amour.

Tu as dans ta mémoire :

La bouche de cette fille,

Les mains douces de cette fille,

Et dans le ciel, tu vois un arbre mort.

Ton lit était sur la mer,

Ta femme regardait le monde.

Tu n'avais pas de secret

Tu étais seulement un homme,

Pas un monstre populaire

Pas un monstre d'argent.

Tu étais le dernier homme libre de ce monde.

Tiret, à la ligne.

Quand je mourrai encore

Souvent, quand les poètes meurent

Il leur faut de la patience.

Il leur faut attendre que leur mort soit homologuée

Pour encaisser leurs droits d'auteur.

Moi, cela fait vingt-trois fois que je meurs.

Et vingt-trois réussites.

Malgré les mauvaises langues,

Chaque fois j'ai prévenu les agences de presse et

Convoqué les photographes, les radios et les autres.

Toujours six mois à l'avance.

À chaque fois, je laisse ma mort se faire en direct.

En fait, j'ai négocié mon transfert, directement avec la Mort.

Souvent, quand les poètes vivent

Il leur faut de la patience.

Quand je mourrai encoreQuand je mourrai encore

Le regard de l'oiseau-lune

L'oiseau avait un regard de lune

Qui perçait chaque fille

D'un rayon d'amour

Et chaque fille mourait

Après l'avoir reçu.

L'oiseau avait un regard de lune

Qui perçait chaque fille

D'un rayon d'amour

Et chaque fille vivait

Après l'avoir reçu.

Le regard de l'oiseau-lune

Jeune et belle

La pendule ne sait pas l'heure qu'il est.

Elle se contente de l'indiquer.

Tu ignores ta personnalité,

Tu ne fais que la tuer,

Tu joues avec les sonorités,

Tu ne sais pas les manier.

Tu cries ta science

Mais tu ne montres que ton ignorance.

Tu as la chance de vivre en occident,

Montre que le temps combat pour toi.

Montre que ta lutte est ultime

Comme tu le chantes si bien

Au quartier latin.

Jeune et belle

Intermède

Et si les ventilateurs s'arrêtaient

De tourner

Un soir

D'été,

Si la centrale électrique

Se détruisait

Les oiseaux s'envoleraient en riant

Ceux qui savent l'amour

Froid ou chaud

Riraient,

Mais les salauds

Crèveraient.

IntermèdeIntermède

Et avec ça ?

Trois grammes de poésie ne feraient de mal à personne

Et deux plumes sur ton front

Et deux baisers ?

Et toi qui cours derrière moi avec des tas d'ailes qui bruissent

Et te trahissent !

Et avec ça, ma brave ?

Et avec ça ?

Blondes et blanches

Blondes et blanches sous le soleil d'acacia,

Genoux pliés sur la toile blanche des yeux

Voiles sur les mains et les bouches

Nattes tressées recouvrant les oreilles et les seins

Tu penses et tu penses à moi

Et moi qui entends tes remords à poignées

Sur les longues plages des étoiles

Blanches et blondes sous le soleil du fleuve

Doré sur toi et tes hanches de miel doux au sens

Et mains au vent qui étaient les miennes.

Blondes et blanches

Tous les enfants

J'écris ma feuille

Posée sur la télé

Éteinte.

J'écris et je pense

À toi,

Petite fille

Qui dort

Dans son lit de bois

Et tousse parfois.

Tu dors et tu rêves

Au petit lapin rose

Dont tu caresses

L'étiquette

Comme une

Amulette.

Agathe, ma fille

Tu es la fille des poètes.

Tous les enfants

Sont les enfants des poètes.

Tous les enfants

Sur le bois du volant

La main serrée sur le bois du volant

Tu vas loin dans les montagnes

Tu ramasses des sourires, des adieux

Tu passes dans les cœurs

Et tu ne reviens jamais.

Sur le bois du volant

Ami, tu vis sans vivre

Ami, tu marches dans les étoiles.

Tu vis sans vivre,

Tu es seul,

Seul.

Tristesse infinie,

Il ne reviendra plus.

Tu sens la fraîcheur du sang.

Tu sens la fraîcheur du vent.

Tu écartèles la moindre palpitation.

Tu es ivre de soleil.

Tu crois, tu es toi.

Toujours toi. Il c'est toi.

Tu es seul.

Seul, comprends-tu ?

Mais tu marches dans les étoiles.

Ami, tu vis sans vivreAmi, tu vis sans vivre

Bordé de peupliers roses

Une fille prélasse

Sa paresse nonchalante

Un oiseau pour l'éternité

Fixé sur le fond de ses yeux

Bleus.

Une gerbe de regards

Accrochée à son corps.

Un homme dans sa peau

Un homme sur sa main.

Une fille devant ses menaces.

Une fille hurlant

Devant les peupliers roses,

Devant tes lèvres, un souffle s'arrête.

Cris de femmes, absence de rires.

Envie mortelle de vivre

Calciné dans tes mains.

Bordé de peupliers roses

Tu vois

Tu vois le vent

Tu vois la fleur

Tu vois la lenteur du jour

Tu vois ce que tes yeux te laissent voir.

Branches agitées.

Couleurs attachées à la terre par un fil.

Courbe de soleil imperceptible,

Mouvement frémissant.

Tu vois la main de l'objet

Tu vois les yeux du sujet

Tu ne vois pas la pensée du suicidé.

Tu vois

HUMAIN

La nuit, les fenêtres fermées,

Un drôle de type rôde

Devant la morgue

Ce qu'il vient y faire

C'est sentir, humer

Le parfum des viscères,

L'odeur de chair des hommes

L'odeur des corps sans âmes

L'odeur des êtres nus après

Une longue vie sur terre

Passée à attendre ce que seule

La morgue peut offrir :

La réfrigération momentanée

Avant la mort (triste)

Définitive

L'oubli de soi dans la terre.

HUMAIN

Le temps d'un mot

Une dure nuit d'angoisse qui commence à durer depuis des millénaires

Et sur le ventre de la femme inactive depuis longtemps,

Une odeur de terre qui se prépare à recevoir la pluie,

Le temps d'un mot.

Tu regardes à travers ta peau,

Un noyau de passé qui lutte pour te parvenir.

Des cris d'angoisse qui reviennent de l'enfance,

Une poupée à l'œil crevé.

Tout ce sang sur ton ventre et puis des rires, des cris.

La nuit, tu restes seule et ton ventre se recouvre de terre.

Le temps d'un mot

Docteur, je suis déjà mort.

Ouvre-toi à toi-même, ferme la voix des autres, écoute-toi.

Une allumette sur la fenêtre, glisse la main dans la bougie, retire la mèche et hurle au feu :

Il n'est plus, il est parti !

Plus de viande à mon prétexte.

Je suis ce que je fuis, j'étais et je serais.

Face de coyote, tripe pâle, souvenir honteux, tu existes et moi aussi.

La voix qui frise le long de la route et le son qui vibre alors que tout devrait se taire.

Je ne dois pas être là,

Je ne suis pas là,

Personne n'est là,

Personne n'était là quand tu y étais.

Docteur, je suis déjà mort.

Cahier noir toilé.

Visiteur de nuit qui passe dans notre silence.

Il nous souffle des rêves, nous prévient des nuits futures.

Il compte notre temps.

Nous dit tout ce qui va arriver.

Pas de signes mais des scènes où nous jouons le rôle de fantômes

Dans des décors qui viendront surprendre notre reconnaissance

Et nous donner le sentiment de revivre le même ruban

Qui tourne, se mordant la queue,

Se nourrissant de nous-mêmes.

Cahier noir toilé.

Que faire pour se redonner du tonus ?

L'eau d'aujourd'hui sur les lignes d'hier fait des tâches qui resteront demain.

Que faire de nos astuces d'hier ?

Revenir jouer plus tard ?

Non, repartir sur des bases plus saines.

Revenir — Partir — Exister. S'ouvrir.

Problème.

Rester coquille.

Devenir Huître.

Faire que les mots deviennent richesses.

Faculté d'oublier, tout,

Même que l'on sait oublier.

Et des mots, mots sans famille, sans loi, des mots qui ne ressemblent à rien.

Je cherche de vieux registres, qui gardent du passé leur peau, leur papier,

Que je puisse sans peur les recouvrir de mots sans valeur.

Que faire pour se redonner du tonus ?

Inutile, c'est beau

Inutile c'est lisse

C'est triste

C'est amant

C'est assez

C'est tard ce soir

C'est maman qui pisse

C'est Line qui lit

C'est l'encre qui luit

C'est la vie qui continue.

L'homme marche

Il n'aime pas marcher

Il n'aime pas le métro

Il n'aime pas les bus

Il n'aime pas les voitures

Il n'aime pas se déplacer

Mais aime prendre un taxi de temps en temps.

Il est pauvre.

Il n'aime pas le travail

Il a un travail qui lui permet de faire un minimum et de gagner aussi un minimum.

Il aime lire, son travail ne lui permet pas de lire.

Le culte du livre,

L'amour,

La nécessité du livre.

Pour vivre,

Il a besoin des livres (Wodehouse, etc...)

De manger : son travail

De faire des courses, impôts, loyer, déménager, s'habiller

Aimer ?

Écrire ?

Ensuite il démolirait systématiquement la carrosserie.

Bonus

Traversant les marais salants,

Les rares masques restant souriants,

Les pieds dans la boue collante,

Nous avancions d'une démarche assez lente.

Courageux, certes non, mais tranquilles assez

Et encore malgré les gouttes de pluie douces, molles, insinuantes,

Nous étions des entiers qui refusaient toute idée de moitié.

Inutile, c'est beauInutile, c'est beauInutile, c'est beau

Comme un doute

À des milliers d'années lumières de nos années

Quand ton corps se fait de glace et tes seins de pierre,

Quand l'abricot tendre de ton corps devient noix

Alors je sais que ton amour est loin, très loin de mon cri.

L'amour est rivière coulant entre deux rives

Une des deux berges s'effondrant dans son eau

L'autre côté reste puissant dans son injustice

Et toutes les angoissantes larmes écartelées

Ne peuvent modifier le cours subtil de la vitalité.

Vitalité, désir de vivre ce que non vécu

Désir d'émotions incontrôlées, injustifiables.

Désir d'être un être nouveau à des yeux non vus

Volonté d'être autre dans l'inconnu délicieux

D'une vie non vécue à jamais par sa méconnaissance.

Et ce regard vainqueur dans la chute de l'ancien qui se tord

Torsion dérisoire du cri déjà lancé

Dont l'écho ruisselle le long des jours fanés.

Inconnu aux yeux de tonnerre gémissant, tendre voleur

Qui rend plus délicieux le fruit gâté

Que l'on pensait jeter.

Comme un doute

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